Portraits de femmes.
J’ai un petit toc concernant les livres que j’ai aimés. Une fois terminés, je les classe dans un compartiment dont j’ai soigneusement choisi le nom. J’ai une valise imaginaire remplie de livres que je dégaine selon les maux que j’ai besoin de soigner car je crois très fort au pouvoir guérisseur, calmant et apaisant de la littérature. Le roman enveloppant, « Ainsi gèlent les bulles de savon » de Marie Vareille, je l’ai rangé sous l’étiquette « livre-bouillotte ». J’ai passé une bonne partie de la semaine dernière dans mon lit, enroulée dans une couverture épaisse telle un sushi, complètement sonnée par KO microbien. A partir du moment où j’ai ouvert le livre, il m’a été très difficile de le poser tellement j’ai été aspirée par les pans de vie des trois personnages principaux. J’ai dévoré ce petit bijou en deux jours. Comme dans les romans de Sophie Astrabie, la magie des belles histoires bien contées a opéré. Alors, ok, cela ne va pas devenir un classique de la littérature mais ce page-turner a le mérite d’avoir réussi à allumer le radiateur de mes émotions, à me faire monter les larmes et me faire sentir moins seule. J’ai rencontré des phrases que j’aurais voulu lire il y a quelques années. J’ai ressenti de la sororité avec les trois héroïnes et ça, ce n’est pas si souvent.
De quoi s’agit-il ? C’est une histoire de liens. D’un certain type de lien (je ne veux pas spoiler). De ceux que l’on maintient, que l’on cultive, que l’on construit, que l’on fuit, que l’on brise, que l’on entretient, que l’on échappe pour s’en emparer de nouveau plus tard. Ou pas.
La trame ? Trois portraits de femmes qui s’entrelacent. Quelque chose les unit mais quoi ? Le fil de l’intrigue est subtilement déroulé peu à peu par Marie Vareille qui sait très bien tenir en haleine le lecteur et jouer de sa corde sensible.
Les thèmes abordés ? la dépression post-partum, la charge mentale, le perfectionnisme qui peut faire perdre le Nord, l’idéalisation de la maternité, la culpabilité qui peut surgir sans prévenir et faire des ravages, le syndrome de l’imposteur, les conditionnements, la violence, la fuite, l’Amour, le regard et les paroles maternels et paternels, les injonctions, les apparences… Ces sujets qui peuvent être lourds sont abordés avec délicatesse et une grande intelligence émotionnelle.
Vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman !
De cette autrice, j’ai déjà lu Désenchantées qui m’a enchantée l’été dernier et Le Syndrome du Spaghetti, un livre plutôt vendu pour les adolescents mais qui se déguste aussi bien quand on est adulte.
Si vous aimez les livres qui font du bien, écrit avec un plume sensible sans tomber dans la sensiblerie et qui font aussi réfléchir, foncez pour Marie Vareille. Bonne nouvelle : Un petit nouveau sort en poche le 4 Avril, ‘La Dernière Allumette’.
Bonne lecture!
Ainsi gèlent les bulles de savon, Marie Vareille, Charleston Poche, 397 pages.