La vérité à tout prix.
Iris et Le Silo, deux séries diamétralement opposées dont les héroïnes ont pourtant un point commun : la quête de vérité absolue.
Iris, série française en 6 épisodes de 26 minutes diffusée sur Canal +.
Créée par Doria Tillier, coécrite avec Constance Verluca.
La vérité sort-elle toujours de la bouche des enfants ? C’est une question à laquelle Iris, personnage principal de la série éponyme, pourrait s’amuser à répondre avec thèse, antithèse, synthèse sans laisser le temps à quiconque de contre-argumenter. La vérité à tout prix, c’est ce que cherche finalement et inlassablement la jeune femme un brin décalée, un poil déjantée. Elle se creuse la tête, ouvre la bouche et décortique, analyse, déroule la pelote des fils de sa pensée jusqu’au bout du bout à contre-courant de celles des autres, ce qui dérange, agace et souvent fait déborder le vase des convenances. Bien des personnes pètent les plombs à son contact mais au final, c’est dans son propre pied qu’Iris se tire une balle… Et l’amour dans ce joyeux bordel ? Direction les sentiers battus. A l’opposé.
156 minutes profondes, jubilatoires, extrêmement drôles, brillamment écrites.
Un concentré d’humour et de second degré.
J’ai adoré.
Mention spéciale pour :
Le casting de choix : Doria Tillier, hyper émouvante - François Morel, le philosophe placide, dont j’aimerais croiser la route – Anaïde Rozam, la cousine bulldozer dénuée d’empathie et prête à tout pour réussir, Pascale Arbillot, la collègue et amie foldingue, Jeanne Ballibar à l’humour froid et au calme olympien (comment fait-elle ?) et Denis Podalydès, magistral, comme toujours.
Les dialogues : on sent bien que chaque mot est pesé, choisi avec attention. Chaque tirade est une vraie régalade. Un ping-pong poétique et philosophique.
Vivement la saison 2!
The Silo, série de 2 saisons de 20 épisodes de 60 minutes, dystopique et post-apocalyptique de Graham Yost diffusée sur AppleTV+ et basée sur la trilogie de nouvelles du New York Times de Hugh Howey, Silo avec notamment comme actrice principale Rebecca Ferguson.
10 000 hommes et femmes, les dernières personnes à vivre sur terre, vivent dans un silo souterrain de 144 étages desservis par un unique escalier qui les protège d’un monde extérieur hostile, toxique et mortel. Ici règnent la hiérarchie sociale et l’interdiction formelle d’en savoir plus sur la manière dont ils ont tous atterri là et les raisons pour lesquelles ils ne peuvent pas en sortir. Tout ce que l’on sait dès les premiers épisodes c’est qu’enquêter, fouiller, chercher, tenter de s’échapper leur serait fatal.
Juliette Nichols, alias Rebecca Ferguson, sort du lot dès le début. Elle qui joue un rôle clé dans les bas-fonds, part à la recherche de réponses sur le meurtre de son petit-ami et lève le voile sur un secret qui va tout faire basculer. Dans le silo, les mensonges sont tissés à l’image d’une toile d’araignée sur laquelle tous les pièges sont possibles. Sa quête de vérité va-t-elle la faire sombrer ?
Clairement pas ma came ce genre de série… Tension anxiogène + dystopie, très peu pour moi sauf que je suis assez curieuse de tenter de nouvelles expériences et que les avis dithyrambiques autour de moi ont fini par me convaincre. Bam, le piège ! Je me suis laissée embarquer direct : l’ambiance sombre, l’esthétique hyper léchée sans parler de la décoration des appartements dans le silo que j’ai limite enviée (j’ai même été jusqu’à tenter de dénicher les mêmes carreaux de faïence incroyables qui jonchent les murs du silo sur internet, c’est dire…), le côté bad ass de Juliette qui laisse sa colère gronder petit à petit pour faire éclore un courage à toute épreuve qui m’a scotchée (oui, j’étais à fond), l’intrigue évidemment et toutes ces questions existentielles, sociétales, politiques, éthiques… soulevées au fur et à mesure des épisodes.
Bref, j’ai adoré (bis). Vivement la saison 3 (bis).